On me demande souvent : « Amaury, comment tu fais pour gérer autant de services publics sans y passer tes nuits et tes week-ends ? ». La réponse tient en un mot : l’automatisation.
Après vous avoir partagé ma stratégie de sauvegarde, il est temps de passer à l’étape supérieure. Car sauvegarder, c’est bien, mais faire en sorte que l’infrastructure se maintienne toute seule, c’est encore mieux. Voici comment j’ai transformé mes clusters en une machine autonome et résiliente.
1. Une armée de scripts redondants
Ma première règle : ne jamais dépendre d’un seul serveur. L’ensemble de mes scripts de maintenance et mes configurations crontab sont répliqués sur tous les nœuds de mes clusters.
Pourquoi ? Parce que si un nœud plante, les autres possèdent déjà la même « intelligence » et continuent d’exécuter les tâches prévues. L’automatisation ne s’arrête jamais, elle est partout.
2. Le « cerveau » : une planification rigoureuse
Au lieu de tout mettre à jour en même temps (et risquer de saturer le réseau ou de tout casser d’un coup), j’ai segmenté les tâches dans le temps pour lisser la charge :
- Lundi (10h) : mise à jour automatique des conteneurs LXC.
- Mardi (10h) : mise à jour des machines virtuelles (VM) Debian/Ubuntu.
- Samedi (23h) : un script de purge vide les logs inutiles pour garder mes disques sains.
3. Docker & Watchtower : le duo « zéro action »
Pour mes applications Docker, chaque nouveau service est déployé avec un template incluant Watchtower.
Grâce à un système de tags Proxmox, je pilote toutes mes instances Watchtower depuis un script central sur mon hôte. Modifier une politique de mise à jour ou forcer un nettoyage d’images sur 20 conteneurs me prend exactement 10 secondes.
4. Le sur-mesure : garder son branding après l’update
Certains services comme BentoPDF ou SnowShare nécessitent mon branding (logos, réglages spécifiques). Normalement, une mise à jour Git écrase tout.
Mes scripts font le travail à ma place : ils récupèrent les nouveautés, ré-injectent automatiquement mon identité visuelle via sed et des copies de fichiers, puis reconstruisent l’image Docker. Mes services sont à jour ET restent aux couleurs de BlablaLinux.

5. La réplication : la souveraineté en miroir
L’automatisation gère aussi la cohérence de mes données et de mes accès :
- AdGuard Home Sync : une modification sur mon instance principale est immédiatement répliquée sur la seconde. Haute disponibilité garantie.
- Gitea Mirror : chaque ligne de code que je pousse sur GitHub est aspirée par mon instance Gitea locale. Quoi qu’il arrive au « Cloud », mon code est chez moi.
6. La maintenance du Fediverse
Sur Mastodon ou PeerTube, je n’automatise pas la mise à jour (trop critique), mais j’automatise l’hygiène. Des scripts purgent chaque semaine les médias distants et les caches pour éviter l’explosion du stockage. Je garde le contrôle sur les versions, mais je délègue la corvée du ménage.
7. Ma tour de contrôle mobile
Le sommet de la pyramide ? Je pilote tout depuis mon laptop en ligne de commande. Que ce soit pour gérer mes articles WordPress via l’API, modifier mon Wiki, ou lancer un cycle électrique complet de mes serveurs (Wake-on-LAN) à distance… tout est scripté.
En résumé : automatiser n’est pas une perte de contrôle, c’est se libérer du temps pour créer de nouveaux services plutôt que de passer son temps à maintenir les anciens.
Pour les curieux, j’ai détaillé chaque script et chaque configuration technique sur mon Wiki. Retrouvez le guide complet ici : Stratégie d’automatisation globale.
Auteur : ce guide est proposé par Amaury aka BlablaLinux. Retrouvez mon wiki sur wiki.blablalinux.be et l’ensemble de mes services sur blablalinux.be/mes-services-publics/.
Bonjour Amaury,
tout d’abord un grand merci pour l’énergie que tu mets à diffuser tes connaissances et dont tu nous fait tous profiter !
J’ai une question à te soumettre :
Est-ce que tu as mis en place une solution pour ajouter la GeoIP à Nginx Proxy Manager (NPM), permettant de bloquer les visiteurs venant de certains pays et/ou de loguer la provenance de ces visiteurs ?
Par avance, merci pour ta réponse.
Salut ! Merci pour ton message.
Oui, c’est bien en place chez moi : bye bye les Russes et les Chinois ! C’est radical, mais ça protège vraiment bien le serveur.
Pour répondre à ta question, je n’ai pas encore pris le temps de rédiger une page de wiki complète sur l’installation du GeoIP avec NPM. Mais c’est une très bonne idée ! Je vais m’y mettre, et je ferai une annonce sur mes réseaux sociaux dès que ce sera en ligne pour que vous puissiez en profiter.
À bientôt !
Merci Amaury,
j’attends ton annonce avec impatience ;=))